Urbanity insight

Paulo Arraiano - Né en 1977 à Cascais (Portugal), où il vit et travaille.
Type d'interventions : travaux d'atelier sur supports divers,
sculptures et travaux en volume, interventions in situ, art numérique et expérimental.

Paulo Arraiano - Portrait

Désinhiber les émotions urbaines

"Immatérielles ou tangibles, les frontières ont été réduites à néant. Leur déliquescence a dévoilé une nouvelle réalité, un monde où la considération du “tout” triomphe de manière inconditionnelle. Ici, rien ne prend vie sans une conscience éveillée de la globalité, rien ne s’envisage de manière isolée et individuelle; l’élément orphelin de toute contextualisation ne saurait s’y épanouir. Nous sommes au cœur d’un art qui a su s’affranchir du formalisme pictural pour chercher l’écho du ressenti, la résonance du vrai, celle qui émerge lorsque l’esthétique interpelle, pour frapper rigoureusement l’émotionnel. Si la forme capte l’attention, le sens ne fait qu’en décupler la portée, ouvrant les portes d’une dimension inattendue, qui détient une part de vérité sur l’attraction qui nous lie aux énergies de l’univers.

Paulo Arraiano personnifie les territoires, humanise les entités spatiales, dans une approche qui renverse nos acceptions ancrées, en nous invitant à appréhender la ville comme un être sensible, à panser ses maux, saisir ses faiblesses, contempler l’expressivité qu’elle nous offre, pénétrer ses émotions pour accéder à son âme. Sa connaissance des médecines thérapeutiques asiatiques a favorisé la conception de ses cartographies émotionnelles qu’il déploie autour d’une approche qu’il nomme l’acupuncture urbaine. L’organique et le substantiel se confondent. Une fois encore les frontières sont anéanties, laissant le spectateur averti au sens de l’œuvre, vers un niveau de conscience supérieur de son environnement. S’agirait-il de déceler les énergies que nous échangeons passivement, en continu, avec notre environnement ? Une faculté de l’instinct qui ferait du corps le médium, rendant ces flux réciproques intelligibles.

Si la ville est humaine, la nature lui prévaut dans la puissance créatrice qu’elle génère. La confrontation nature / urbain demeure le socle de réflexion des travaux de l’artiste. Profondément marqué par cette dualité qu’il intériorisa dès son enfance, passée entre les côtes sauvages bordées par l’océan et le tumulte de la capitale portugaise, il entame un corpus d’œuvre pluridisciplinaire, avec pour point d’ancrage, ce dialogue paradoxal, qui marquera une nouvelle naissance dans l’évolution de sa production.

Avec “Emotional landscapes”, décliné actuellement en trois séries (“Magma”, “Cold front”, “Sediment”), nous sommes au cœur d’une double mise en abyme abordant la notion de transformation à travers les procédés naturels de transition. Les choix chromatiques et la composition en mouvement transposent les énergies qui découlent de ces indomptables modulations naturelles. Parallèlement, il propose une implantation in situ au cœur de la ville, révélant un second niveau de lecture en cristallisant des points d’énergie à explorer.

Émancipé de l’univers pictural qui caractérisa son empreinte initiale sur la scène urbaine internationale avec la représentation de masques traditionnels argentins, Paulo Arraiano s’est peu à peu affranchi de cette dimension figurative, laissant place à une création abstraite décomplexée, propice à l’émergence des paradigmes qu’il a peu a peu structuré. Une production dont la maturité transparaît à travers la complémentarité des médias mobilisés (performances, vidéos, interventions spécifiques, sculptures…) qui viennent servir et appuyer le sens global de sa démarche, dans une assimilation profonde du travail artistique et d’une philosophie de vie intérieure. En se tournant vers un univers plus proche de la mouvance contemporaine, il se positionne désormais parmi les artistes portugais émergents, développant un propos abouti et incarné.

Dans une cohérence presque troublante, sa proposition artistique suggère au spectateur de s’offrir un moment de contemplation, un intervalle de réflexion afin d’en entrevoir les contours, enjeux et théories. En replaçant l’être face aux mondes qu’il a créés et en le confrontant paradoxalement aux pouvoirs de la nature sur lesquels il n’a d’emprise, il parvient à construire un “tout” symbolique dont les frontières annihilées, sont remplacées par les influences mutuelles, fondant les prémisses d’un univers dont la constante est émotionnelle. Cette approche profondément authentique renoue avec une typologie d’artistes dont les aptitudes introspectives et formelles rendent possible l’émergence d’une œuvre d’art totale."

© Urbanity - Urban fine art gallery

Paulo Arraiano "While Satellites Dance" TAL Gallery, Rio De Janeiro (Vue d'exposition)

Paulo Arraiano "As, Always Just a Matter Of Perspective" GIF animé sur écran LCD / Well, Its Just An Ocean Between -TAL Gallery / Jacaranda, exposition collective

Paulo Arraiano "Fold/Fault" 2016, Vue d'exposition

Paulo Arraiano "Sediment IV And V"

Paulo Arraiano "1/81" exposition collective, Coa Museum

Paulo Arraiano "(In)Tension", sculpture en métal, commissariat par Luísa Soares de Oliveira for D Luís Foundation (Museum Quarter), Cascais Portugal 2015



Discussion

#Inspiration | Urbanity / À l’âge de 10 ans, tu commences la pratique du skateboard, utilisant les planches comme supports de création et les considérant comme des toiles en mouvement. Fortement influencé par l’univers du graffiti et le principe d’utilisation de la rue comme galerie d’art à ciel ouvert, accessible à tous, tu adhères dès lors aux valeurs véhiculées par la culture urbaine, qui se veut démocratique, revendicatrice d’une expression libre, et sans prétention. Dans quelle mesure cet état d’esprit libertaire et sans limite trouve-t-il un écho dans ta proposition artistique ?

Paulo Arraiano / "Les arts plastiques et la musique ont toujours été présents dans ma vie. Chez moi, les vinyles et les livres m’entourent constamment. Ma mère était écrivain et mon père architecte, j’ai donc commencé très tôt à être attiré par ses dessins et croquis, et par les ouvrages de ma mère. La musique était également omniprésente, comme une B.O. qui m’accompagnait dans mon quotidien. Je crois que les premières images qui ont eu une réelle influence sur moi ont donc été les pochettes de vinyles, de l’iconographie classique et jazz jusqu’au psychédélique. J’ai également commencé à surfer et skater très tôt, l’imagerie de cette culture lowbrow était extrêmement présente durant mon adolescence. La plupart de mes amis et moi-même jouaient de la musique, formaient des groupes, faisaient du surf et du skate. Cette culture a donc eu un impact énorme sur moi. L’univers de la rue et ses images, les tags, le graffiti et la culture urbaine sont apparus un peu plus tard dans ma vie et influencèrent de manière significative ma génération. Diplômé en communication, j’ai commencé à travailler en tant que graphic designer, cette dimension visuelle était donc constamment présente dans mon quotidien et mon travail. Toutes ces sous-cultures émergentes ont commencé à devenir visibles dans le paysage urbain comme une réponse à l’environnement chaotique de la ville. À la manière des médias et des marques qui ont envahis le paysage urbain avec des panneaux publicitaires, des affiches, etc…, le graffiti et l’art urbain ont commencé à émerger et à se réapproprier l’espace public qui était jusque-là dominé par les marques et la publicité. Plus tard, le changement de paradigme dans le monde de l’art, avec l’avènement des nouveaux médias et d’internet, fit perdre leur position de force aux galeries, commissaires d’expositions et marchands d’art, au profit de nouvelles plateformes de diffusion et des réseaux sociaux. De plus, l’engouement généré par l’art conceptuel, la photographie et les arts numériques a, d’une certaine manière, saturé la scène artistique, et en réaction à cela, comme dans n’importe quel cycle, certains artistes ont ressenti le besoin de se recentrer sur l’essence de la peinture. A titre personnel, je considère qu’il s’agit d’une influence importante sur la scène artistique et que cela a insufflé une force au sein de ce grand mouvement d’art urbain et de muralisme contemporain. Tous ces facteurs ont contribué à donner une liberté aux artistes ou quiconque ressentirait le besoin de communiquer à travers la création, transformant les espaces urbains en galeries à ciel ouvert, offrant un territoire permettant une forme d’expression plus démocratique."

Paulo Arraiano "Cold front 1", vue d'exposition, 2014

Tu évoques souvent Lisbonne, ta ville d’origine, comme lieu présentant une dualité évidente, en offrant à la fois des espaces urbains et naturels. Béton, chaos, artifices et abstraction d’une part, océan, calme, simplicité et harmonie d’autre part, tels sont les mots que tu utilises pour caractériser les éléments constitutifs de ton environnement. Peux-tu évoquer la manière dont tu exploites ces dualités dans ton processus de création ?

"Je vis à Cascais, une station balnéaire à 30 km de Lisbonne - presque entièrement bordée par l’océan et les collines de Sintra, bénéficiant également d’une proximité avec la capitale cosmopolite. Cette dualité a toujours été présente et n’a jamais cessé de me fasciner. Le matin, tu peux te réveiller entouré par la nature et sa dimension sauvage, et plus tard dans la journée, être plongé au cœur du paysage urbain avec la circulation, les panneaux d’affichages, les tags et tout ce chaos visuel qui caractérise la ville. Cette dualité a eu une influence cruciale sur ma propre vie, mon travail, et a établi les fondations de ma démarche artistique. Un mélange d’influences émanant du graphisme, de l’étude du shiatsu et de la médecine chinoise, ainsi que l’emploi de la musique et de la performance, a transformé l’ADN de mon travail. La dimension abstraite est apparue ensuite de manière spontanée dans ma démarche. Bien qu’ayant commencé par me concentrer sur le dessin, les lignes ont intuitivement évolué vers des formes, des couleurs et des mouvements. Il s’agit de proposer un dialogue entre le corps et l’environnement dans lequel il se trouve, cherchant à en révéler les similitudes et connexions que les gens ont tendance à oublier, dès lors qu’ils vivent dans un contexte soi-disant structuré et maîtrisé comme la ville."

La mise en scène des contrastes (spatiaux, esthétiques et émotionnels) se révèle tout qui semblent liées à une philosophie de vie spirituelle, basées sur la conscience de l’environnement et des énergies qui en découlent. Qu’il s’agisse d’interventions urbaines ou d’œuvres classiques, tes créations naissent de la prise en compte d’un contexte et d’une volonté de tirer partie des facteurs immatériels : tu parles de "cartographies émotionnelles" (emotional cartographies). Peut-on considérer cette approche comme l’essence de ta démarche actuelle, qui placerait l’esthétique et l’implantation spatiale de l’œuvre au service d’une quête de l’émotionnel et du sensible ?

"Emotional landscapes" est un corpus d’œuvres dont la réflexion débuta au cours d’une résidence dans l’archipel des Açores, dans le cadre d’une exposition qui se tenait à Londres. Le fait de travailler sur une île volcanique au milieu de l’océan atlantique, en immersion au cœur de la nature et de l’énergie inhérente aux volcans, a été extrêmement intense. L’exposition s’est déroulée en Angleterre, un territoire également insulaire présentant toutefois un contexte urbanisé avec une ville comme Londres, il s’agissait donc du cadre parfait pour illustrer ce dialogue entre l’urbanité et la nature. La démarche a évolué vers la réalisation d’une performance vidéo avec l’actrice performeuse Diana Coelho, durant laquelle la peinture était directement versée sur son corps, donnant à voir des mouvements lents de respiration du corps, créant des formes abstraites rappelant une cartographie. Ce dialogue profond trouve un parfait écho dans mon travail et mes recherches en explorant les dichotomies corps/environnement, homme/nature, intérieur/extérieur. Par ailleurs, l’approche fractale qui dépend de la perspective, les images qui se construisent à travers ce dialogue corps/peinture, auraient presque pu être extraites de "google maps" ou de photographies satellites. Il s’agit d’exprimer un langage illustrant l’essence des choses, que nous avons oubliées dans notre quotidien, en vivant au cœur des villes. Nous nous sommes de plus en plus éloignés de la nature, puisque nous évoluons dans un environnement contrôlé, sous influence médiatique, qui tend à privilégier les apparences. Nous remplaçons la peinture et le dessin par photoshop et autres techniques 3D, le sport par les jeux vidéo (en simulant une pratique), l’architecture organique par la géométrie, les océans par les piscines, la gymnastique en plein air par une pratique en intérieur dans les salles de sport, et ainsi de suite… Concernant mes interventions dans l’espace public, l’idée qui sous-tend ces installations in situ, est qu’elle fasse partie intégrante des séries "Emotional landscapes". À la manière du corps, la ville possède des points et des méridiens. Lorsque tu utilises une aiguille d’acupuncture sur le corps humain, cet étrange dispositif provoque une petite inflammation, entraînant une concentration de globules blancs, qui convergent vers un point spécifique afin de le soigner. C’est une action similaire, qui se déroule au cœur de la ville, lorsque tu investis des lieux à l’abandon ou des espaces nécessitant des soins et une attention particulière, à travers une démarche que je nomme "l’acupuncture urbaine"."

Paulo Arraiano interventon in situ

#œuvres | Les séries "Cold front" et "Magma" jouent avec une composition des couleurs qui semblent s’associer tout en proposant un paradoxe chromatique évident. Tu travailles au sol pour parvenir à maîtriser les coulures et leur mouvement, ce processus d’élaboration de l’Œuvre laisse-t-il place à des choix maîtrisés ou se rapproche-t-il d’un travail plastique purement spontané ?

"Les séries "Magma" et "Cold front" et plus récemment "Fragile" ou "Sediment" évoquent les rapprochements entre le corps humain et son environnement d’un point de vue physique et émotionnel. Un parallèle entre une sorte d’énergie comparable à celle du magma que l’on pourrait ressentir au plus profond de soi et qui se transposerait à l'extérieur et l'intérieur d’un volcan qui affecterait quant à lui, directement le paysage qui l’entoure. On peut établir ce même parallèle avec le front d’air froid ("Cold front") ou encore pendant le processus de sédimentation ("Sediment"). Cette approche développe un dialogue entre intérieur et extérieur directement lié à la notion mouvement. Ma démarche est donc axée sur "l’action painting", qui place le mouvement au cœur du processus. Le mouvement contrôlé vs le mouvement spontané pour lesquels une partie du processus relève de l’intention et l’autre de l’intuition, et serait de l’ordre de l'incontrôlé. Il s’agit de montrer ce dialogue perpétuel qui s’instaure entre ses deux forces, cet entre-deux, cet espace dans lequel on perd ses repères spatiaux. Lorsque la peinture sèche, d’autres aspects se dévoilent, et il est toujours passionnant de découvrir ce qui se révèle après l’intervention."

Paulo Arraiano "Magma 1"

Plusieurs de tes œuvres proposent une réflexion sur la toile ou la peinture comme objet. Les séries "Tension" (2014) et "(In)tension" (2014), sont des toiles acryliques privées de leur châssis et présentées comprimées, "Fragile I" (2014) est une toile fendue et accrochée en biais. On peut également voir des expérimentations de couleurs traitées comme matières posées directement sur le sol. Dans chacune de ces propositions, la toile ou la couleur deviennent elles-mêmes sculpture ou installation. En cela, peut-on y voir une filiation avec le mouvement "supports-surfaces", mouvement artistique français des années 60, qui se caractérise par une réflexion sur la structure même de la toile et son châssis, par la réduction de l’œuvre à son essence, à sa matière, à ce qui la constitue ?

"La toile en tant que support est et a toujours été "une institution", c’est une sorte de fenêtre, un autel destiné à être contemplé. Les galeries et musées détiennent une certaine énergie qui relève du religieux. À la manière d’autres mouvements artistiques antérieurs tel que "support-surface" cité plus haut, l’idée qui sous-tend ce type d’œuvres réside dans la réflexion sur la relation entre le support et l’œuvre en elle-même. La série "Emotional Landscapes" prend appui sur des plateformes de dialogues multiples que peuvent être le corps humain, la vidéo, la photographie, la toile, l’installation, ou l’art dans l’espace public pour transmettre un message; tous ces éléments sont des corps aussi bien que des environnements. En concevant des installations dans lesquelles les toiles sont altérées, telle que "Fragile I" qui présente une barre grise symbolisant le ciment qui pèse sur l'environnement et brise la toile, ma démarche propose un parallèle avec le déséquilibre et la pression qu’impose une mégalopole contemporaine qui coloniserait le paysage et les ressources issues de la nature. Cette dimension se retrouve également dans la série "(In)Tension", dans laquelle la toile est libérée de sa structure naturelle et enroulée sur elle-même, créant un paysage en 3 dimensions inédit. Toutes les séries que j’évoque, exploite une réflexion sur le mouvement, la transformation et la transition."

Paulo Arraiano "Cold front, In-tension 2"

Paulo Arraiano "Cold front, In-tension 2", détail

Tu te définis souvent de la manière suivante : "One who lives on the frontier or border" (celui qui vit à la frontière, à la limite). Tu as dit aussi : "I like the opposites, they create energy" (j’aime les contraires, ils créent de l’énergie). Ton travail se situe à la lisière entre art urbain, contemporain et design graphique, avec des sujets parfois abstraits, parfois figuratifs, et se décline sur différents supports, que ce soit le mur, la toile, le textile, les skateboards, etc... De quelle manière cette pluridisciplinarité a-t-elle nourrie ton évolution artistique ? Avec le temps, as-tu tendance à poursuivre cette démarche multiple ou à te recentrer vers une pratique plus condensée ?

"Mon nom, Arraiano, signifie entre deux, celui qui vit à la frontière et cette dimension est clairement omniprésente dans ma vie, dans mon travail et à travers mon processus de création. Minimal contre maximal, l’espace face à l’absence d’espace, l’action de l’homme opposée aux éléments indépendants de son contrôle. Toutes ces contradictions font partie de la vie. Toutes ces dualités et l’énergie qu’elles provoquent représente mon terrain de jeu, celui dans lequel j’aime évoluer. Peut-être que cela transparaît naturellement à travers mes productions. Pour moi, il est complètement naturel d’être surpris par ce que dégage mes propres œuvres ou installations, et c’est d’ailleurs ce qui me fait poursuivre dans ce sens, dans une volonté de continuer cette exploration. Dans cette démarche, mon atelier est une sorte de laboratoire intérieur. D’une certaine manière, si tout est déjà planifié et construit dans mon esprit afin de le reproduire sur toile, alors pourquoi ne pas se lancer ? Ça a toujours été là, dans mon esprit, quelque part dans une réalité parallèle. J’ai toujours trouvé extrêmement difficile de définir précisément où je me situais en termes d’idées et de perspectives. Il existe tellement de choses passionnantes dans la vie, alors pourquoi se concentrer sur une seule et unique ? Mon travail peut donc être appréhendé comme l’empreinte de tous ces mondes que je relie entre eux. J’ai grandi avec l’inspiration d’une double influence, celle du surf et de la culture urbaine, en étant en contact à la fois avec l’océan, tout en évoluant au cœur de la ville. J’ai étudié la communication et le marketing, travaillé en tant que graphic designer et directeur artistique. La musique est un élément omniprésent dans ma vie, plus tard j’ai également étudié le shiatsu et la médecine chinoise. Les performances et la danse font aussi partie de mes intérêts. J’ai toujours cherché un moyen d’intégrer toutes ces expériences à mon quotidien et mon travail et la peinture s’est imposée naturellement, elle avait toujours été là. C’est comme si je composais ma propre recette à partir de toutes ces idées et influences. J’utilise l’abstraction, en la combinant à tous ces éléments qui ont et font toujours pleinement partie de ma vie.""

Paulo Arraiano "Fold/Fault"

#Projets | Tu as réalisé des vidéos performances, telles "Emotional Landscapes" (2013) ou "Kairos" (2014). Les corps sont supports de la peinture, ce qui permet de fixer l’attention du spectateur sur l’observation et la conscience de la respiration et des mouvements. La notion de temps semble jouer un rôle important avec des gestes lents, des images où le temps semble s’inverser, s’accélérer, ralentir, des sons rythmés et saccadés. Ces images renvoient à quelque chose de primitif, d’essentiel avec les corps respirant, dansant, laissant des traces qui se dévoilent et s’effacent, des corps qui s’inscrivent dans un rapport au temps présent. Comment interpréter ces performances qui semblent refléter une métaphore de la vie ? Peut-on considérer ces mises en scène comme une transposition physique de l’essence de ta démarche ?

"Il y a une phrase de Milan Kundera qui fait complètement écho à cette démarche : "le degré de la vitesse est directement proportionnel à l’intensité de l’oubli". La société contemporaine a tendance à imposer un besoin d’aller vite où compétition et vélocité sont des facteurs omniprésents dans l’existence de chacun. Le temps est une notion que l’on ne respecte plus et dont on perd la valeur. Nous appartenons à la "génération du zapping". Avec l’impact des e-mails, des nouveaux médias, blogs, réseaux sociaux, applications, nous avons quelque part oublié ce qu’est l’absence d’actions, la notion de contemplation. Auparavant, nous écoutions des vinyles sur lesquels la face A et B racontaient une histoire, avec l’apparition des CD, le bouton “next” (suivant) nous permettait d’avancer plus rapidement dans l’histoire. Depuis les MP3, tu n’as plus qu’à télécharger la discographie complète d’un groupe, en sachant pertinemment que tu n’auras jamais suffisamment de temps pour l’écouter en entier. La situation est identique à l’égard des images. Avant, les gens se seraient rendus dans une galerie pour contempler et interagir avec les œuvres présentées, ils échangeaient, avaient des discussions dans les allées d’un théâtre. L’arrivée d’internet nous a permis d’utiliser également ce bouton “next” ou encore de diffuser des images en 72dpi, nous faisant perdre l’espace et le temps autrefois réservé à la contemplation. De nos jours, à travers l’usage des plateformes de réseaux sociaux, les gens font défiler les images en quête de nouvelles histoires, et se les échangent à une vitesse folle. Ces facteurs ont un impact sur la société contemporaine dans son ensemble : sur la musique, l’art, la littérature, les relations… Absolument tout. Toutes ces évolutions sont en quelque sorte des laboratoires de l’articulation temps/espace, puisqu’elles évoquent ce lien entre le corps, le mouvement et le temps, faisant naître un monde dans lequel il n’y aurait plus d’espace, ni de temps."

Paulo Arraiano "Emotional landscapes", video

Tu as fait partie des artistes invités à participer au projet de la "Tour Paris 13", mené par la galerie Itinerrance en 2013, pour lequel de nombreux artistes investissaient les appartements d’un immeuble avant sa démolition. Tu as choisi de peindre une pièce du sol au plafond, en proposant une immersion complète aux visiteurs. Visuellement, cette intervention semble refléter une transition en cours entre tes productions précédentes et les séries qui suivront. Un an plus tard, toujours sous la direction d’Itinerrance, tu investis un bâtiment traditionnel tunisien aux lignes épurées et à la façade immaculée, dans le cadre du projet "Djerbahood" en Tunisie. Peux-tu mettre en parallèle ces deux interventions en termes d’évolution de ton travail plastique et d’appropriation de l’espace (intérieur vs extérieur) ?

"J’ai tendance à concevoir l’art dans l’espace public de la même manière que je réalise mes œuvres sur d’autres types de médias et de supports : créant des espaces et expériences qui interagissent avec le spectateur de sorte qu’il prenne le temps suffisant pour s’arrêter et réfléchir au dialogue qui s’articule entre le corps humain et l’espace dans lequel il se trouve. À Paris, j’ai conçu un "autel" - un endroit où tu peux entrer, t’asseoir, en étant coupé des références urbaines environnantes. J’entamais une période de transition entre différents séries, toujours centrées sur l’image, dans une approche plus figurative, mais un passage était en train de s’opérer. Un an plus tard en Tunisie, c’était différent. J’ai utilisé le bâtiment pour créer une installation extérieure qui faisait déjà partie de la série "Emotional Landscapes". De mon point de vue, c’était une occasion de plus de créer une œuvre illustrant la notion d’acupuncture urbaine qui caractérise ma démarche."

Paulo Arraiano, intervention dans l'espace public, Djerbahood festival (Tunisie)

Plusieurs de tes fresques monumentales, que ce soient sur les murs comme "Walk & Talk", (Açores, 2013) ou au sol comme "Circles of hope" (Suède, 2011), ont pour sujet l’entrelacs de créatures et de formes arrondies, souvent traitées dans la hauteur. Beaucoup y voient des visages inquiétants, sombres, des masques maléfiques, ou bien des totems mystiques... Quelles références culturelles ont inspiré la création de cet univers pictural pouvant renvoyer aux signes et iconographies des civilisations primitives ?

"Ma grand-mère était originaire d’Argentine, j’ai donc grandi avec un certain nombre de références aux rites traditionnels. J’ai toujours été attiré par l’articulation sacré/profane. Avec la série "Circles of Hope", j’ai longuement travaillé sur ces références. J’ai les ai utilisées pour créer des œuvres et installations inspirées des totems, dans divers lieux en Suède, dans les Açores, à Londres, ou Lisbonne, en apportant à l’environnement urbain, ces éléments ancestraux dans le but de rappeler au public, ce qui existait avant l’apparition de la ville et l’intervention de l’homme. La notion d’échelle est un élément important du processus de création puisque mon travail s’est construit autour de peintures de grande envergure, plus grandes que toutes les campagnes d’affichage ou autres références visuelles contemporaines que l’on pourrait apercevoir au sein du paysage urbain, en y intégrant dès l’esquisse de l’œuvre, ces éléments renvoyant au sacré et aux rites, en ayant notamment recours aux techniques de dessins de cercles Zen."

Paulo Arraiano "Vertigo" coordonné par Sandro Resende/P28 pour Pampero Public Art Project en collaboration avec le Lisbon Patrimony Department, Lisbon (Portugal)

Tu as collaboré avec des marques telles que Nike, Samsung, Eastpack, Carhartt, etc… Tu as déjà évoqué pour toi l’importance, que les marques investissent dans l’art pour permettre une plus grande accessibilité de la culture, avec en contrepartie le risque d’être confronté à des situations où elles tentent de contrôler la création. Comment parvenir à gérer ces enjeux, afin d’expérimenter de nouveaux medium, diversifier son public, tout en préservant son identité artistique ?

"Le fait de travailler pour des marques par le biais de projets artistiques est toujours un vrai challenge. Avant d’entamer ma carrière d’artiste, j’ai travaillé quelques années en tant que graphic designer et directeur artistique dans quelques studios de création, toujours en lien avec l’industrie musicale, la mode ou la culture urbaine. Quand j’ai quitté ce secteur, mes amis et contacts professionnels évoluaient pour la plupart dans ces entreprises, ce qui m’a permis de travailler sur des projets de commandes pour différentes marques. Personnellement, je n’ai jamais eu aucun problème relatif à la liberté de création en tant qu’artiste, car les clients qui faisaient appel à moi pour ce type de projets, connaissaient ma démarche artistique, leur but était donc d’associer leurs produits à des artistes pour séduire leur public. Dans une certaine mesure, cela ouvre les portes du monde artistique à un public plus large, en créant des pièces plus accessibles, qui touchent davantage de monde. Le revers de la médaille, c’est que ce type d’approches peut s’avérer néfaste, du fait de leur ancrage commercial et des opérations marketing ou des festivals qu’elles génèrent, souvent affiliées à la scène émergente street art et au phénomène plus large de la culture urbaine, et qui ont laissé la place à une nouvelle génération de curateurs, galeristes, et même d’artistes dont la plupart n’ont aucun lien avec le monde de l’art, et prônent une vision de l’art radicalement différente, clairement tourné vers le consumérisme et le marketing, l’avènement des nouveaux médias, l’esthétique pour l’esthétique. Cette approche véhicule un côté purement superficiel, exempt de tout paradigme conceptuel, autocentré et faisant naître des idoles créées de toutes pièces dans le monde entier. Dans un sens, cela contribue à valoriser et à remettre en question le monde de l’art et les institutions qui s’y rattachent, créant des opportunités en faveur des artistes émergents, à travers les réseaux sociaux ou les blogs qui parviennent à toucher davantage de personnes que les galeries et les musées. D’un autre côté, cette nouvelle forme d’art marketée a fait apparaître des manifestations artistiques, calquées sur le modèle des festivals de musique et utilise les évènements d’art urbain, pour décorer et camoufler l’urbanisation et les maladresses qu’elle a pu engendrer."

Tu possèdes actuellement un studio à la "Cidadela Art District" de Lisbonne, qui s’insère dans le cadre du projet de l’hôtel "Pousada de Cascais", comprenant 6 studios d’artistes ouverts au public, 5 galeries d’art, 6 chambres proposant des interventions In Situ, des espaces multiples pouvant être investis par les artistes, et une programmation d’évènements culturels. De quelle manière as-tu pris tes marques au sein de cet espace pluridisciplinaire, favorisant les interactions avec le public, et souvent vecteur d’une émulation artistique collective ?

"C’était extrêmement intéressant et stimulant étant donné que l’espace de travail entier, en tant que pôle artistique, a pour vocation de créer des interactions entre artistes, galeristes, collectionneurs, et également avec le public au sens large. Ce projet a été conçu dans le but de réhabiliter les lieux et les espaces uniques de la citadelle, de la Pousada aux murs de la forteresse. Les bâtiments historiques ont été recouverts et ont subi une réfection grâce au projet dirigé conjointement par les architectes Gonçalo Byrne et David Sinclair. Les édifices ont été entièrement restaurés, dans une volonté de préservation du patrimoine, tout en lui redonnant vie à travers un projet architectural moderne, baigné de lumière, permettant de retrouver sa splendeur culturelle d’antan. Cet espace propose désormais des expositions temporaires, des créations in situ réalisées par les artistes résidents ou invités, s’inscrivant dans une dynamique constante entre artistes, spectateurs et invités. La "Citadela Art District" se compose de six espaces d’expositions, comprenant la seule et unique galerie d’art brut du Portugal ainsi que six ateliers d’artistes. Un autre atout majeur dont dispose ce lieu, est son hôtel proposant des chambres décorées et mises en scène par les artistes résidents ou invités. Une conciergerie d’art est également mise à disposition afin d’accompagner les visiteurs et les artistes invités à découvrir l’hôtel, les ateliers ouverts au public, les expositions et autres évènements qui s’y déroulent. Des installations in situ sont également présentées dans les environs de l’hôtel. Le commissariat d’exposition de ce projet a été pris en charge par Sandro Resende, le fondateur de P28, célèbre pour ses réalisations "Contentores", "Outdoors" ou plus récemment le projet artistique "Janela". Le premier groupe d’artistes en résidence à avoir investi le lieu à mes côtés rassemble les artistes Duarte Amaral Netto, Paulo Brighenti, Susana Anágua, Pedro Matos et Bruno Pereira."

Tu as parfois évoqué la nécessité d’être accompagné par la musique d’une manière générale et la façon dont elle peut inspirer ta pratique artistique, notamment en terme de composition, de couleurs et de formes. Pourrais-tu mettre en parallèle tes influences musicales avec le rythme que tu choisis de donner à tes œuvres ?

"J’ai toujours été bercé par la musique, entourés par des musiciens. Je pense que tout un chacun a une B.O. qui correspond à sa propre vie. En ce qui concerne mon travail et mes productions, il serait inconcevable de travailler sans être accompagné par la musique, qu’il s’agisse de musique classique, jazz, bebop, d’auteur compositeurs ou de folk, la musique de manière générale est constamment présente dans mon atelier et mon quotidien."

Tu exerces également comme enseignant à l’"Instituto de criatividade artes e novas tecnologias" de Lisbonne. En tant qu’artiste, comment conçois-tu la médiation, la pédagogie et la transmission de tes connaissances artistiques à la fois techniques, symboliques et spirituelles ?

"Tout est intimement lié, l’un ne peut aller sans l’autre dans mon approche. J’ai enseigné durant une période de deux mois à l’Institut, et dans mon parcours, il s’agit d’une transition, quelque chose que je devais partager avec les autres. Les dimensions techniques, symboliques et spirituelles sont au cœur du processus, dès lors qu’il n’existe aucun programme ou règles établies dans ma méthode d’enseignement; nous créons tous au sein d’un environnement propice à la création d’une osmose, en évoluant et produisant dans un laboratoire commun, et partageant une expérience culturelle commune."

De tes études de communication à tes expositions et résidences à travers le monde aujourd’hui, ta pratique artistique s’est affirmée au fil des projets et des expérimentations techniques sur différents types de supports. Si tu regardes rétrospectivement tes productions et expériences, quel regard portes-tu sur cette évolution ?

"Je pense être davantage centré sur ma production personnelle aujourd’hui et ma carrière en tant qu’artiste, après avoir mené un certain nombre d’expérimentations durant de nombreuses années, dans des domaines très différents; toutes ces expériences sont en relation avec mon approche globale. De mes études de marketing et communication, en passant par le graphic design, les nouveaux médias et plus tard à travers la danse, le shiatsu et la médecine chinoise, toutes ces disciplines ont nourri ma démarche artistique. Elles m’accompagnent à la fois techniquement et personnellement et interviennent telle une présence constante dans mon œuvre, à travers mes textes et dans mes pensées. Mes toiles, vidéos, installations et œuvres in situ, sont en quelque sorte, une sédimentation de ces contributions et processus divers. Je conçois mon travail à la manière d’un dialecte, un langage parallèle abstrait. Ce langage est constitué de nombreux aspects et dimensions qui s’avèrent difficiles à définir ou transmettre en utilisant uniquement les mots."

Expositions & projets


2017

"At Home", exposition collective, Quartier General - Centre d'art Contemporain, La Chaux-de-Fonds (Suisse).
"AbstractXed#1", exposition collective, Aeroplastics Contemporary, Brussels, (Belgique).
Petra Gut Contemporary, exposition collective, Zurich, (Suisse).
"Well It's Just An Ocen Between", exposition collective, TAL Gallery / Jacaranda, Lisbon, (Portugal).
"Swipe, Baby Swipe", exposition collective, TAL Gallery, Lisbon, (Portugal).
"Song.no1", exposition collective, no.stereo Contemporary, Cascais, (Portugal).

2016

ArtRio Artfair, representé par TAL Gallery, Rio de Janeiro, (Brazil).
"Point Of View", exposition collective et installation in situ, Pena Palace, Sintra, (Portugal).
"Quanto tempo falta?", exposition collective, Câmara Municipal do Porto, Oporto, (Portugal).
"Periplos", exposition collective, commissariat par Fernando Frances, CAC Málaga Museum, Málaga, (Spain).
"Down To Earth", exposition collective, commissariat par Kwaku Boateng, The Dot Project Gallery, London, (Uk).
"While Sattelites Dance", exposition personnelle, TAL Gallery, Rio de Janeiro, (Brazil).




2015

"1/81" (30 years/CPS: Portuguese printmaking centre), exposition collective, Côa Museum, Vila Nova de Foz Côa, (Portugal).
"Artemar 2015", sculpture commissionnée pour la fondation Dom Luis I, Cascais, (Portugal).
"Mostra15", exposition commissionnée par Patricia Pires De Lima, Lisbonne, (Portugal).
"Atemporal", exposition commissionnée par Antonio Bokel, Galerie Graphos, Rio de Janeiro, (Brésil).

2014

"Magma", exposition personnelle, Cidadela Art District, Cascais, (Portugal).
"Soma", Underdogs Gallery, Lisbonne, (Portugal).
"Atemporal", exposition curatée par Antonio Bokel, Galerie Atemporal, Rio de Janeiro, (Brésil).
"G40", Art.Whino, Washington DC, (Etats-Unis).
"[3]", exposition curatée par Sandro Resende, Cidadela Art District, Cascais, (Portugal).
Egipt Palace Museum, Oeiras, (Portugal).
"Djerbahood", musée à ciel ouvert, Djerba, (Tunisie).
"Hifa", Harare International Festival Of Arts, (Zimbabwe).
"One Night Stand", exposition curatée par Sandro Resende, Palácio do Freixo, Porto, (Portugal).
"Cherry Blast", National Building Museum, Washington DC, (Etats-Unis).
"[2]", exposition curatée par Sandro Resende, Cidadela Art District, Cascais, (Portugal).

2013

"Emotional Landscapes", exposition personnelle, Arte Institute, New York, (Etats-Unis).
"La Tour 13", Galerie Itinerrance, Paris, (France).
"(En)Lightment", Video Installation, Musicbox, Lisbonne, (Portugal).
"Walk & Talk", Art Festival, São Miguel Island, Archipel des Açores, (Portugal).
Museu de Angra do Heroísmo, Ile Terceira, Archipel des Açores, (Portugal).
"Projecto Montra", P28/Sandro Resende, Alfragide, (Portugal).
"Fresh Produce", Anno Domini Gallery San José, CA, (Etats-Unis).

2012

"Spaces Within", exposition personnelle, Pure Evil Gallery, Londres, (Angleterre).
"Urban Art Lx", Influx Contemporary Art, Lisbonne, (Portugal).
"Fresh Produce", Anno Domini Gallery San José, CA, (Etats-Unis).
"Beyond Walls", António Prates Gallery, Lisbonne, (Portugal).
"Lowbrow", Gau (Site Specific), Lisbonne, (Portugal).

2011

(In)Transition, exposition personnelle, 2.35:1 Gallery, Stockholm, (Suède).
"Uterus", intervention in situ, Lydmar, Stockholm, (Suède).
"Circles Of Hope", exposition personnelle, Trädgården, Stockholm, (Suède).
Artur (programme de résidence international), Lagos, (Portugal).


2010

"Vertigo", exposition personnelle, commissariat d’exposition de Sandro Resende/P28, Lisbonne, (Portugal).
"The Fountain", exposition personnelle, Santa Maria, Archipel des Açores, (Portugal).
"Faces", exposition personnelle, Montana Gallery, Lisbonne, (Portugal).
Artspace 2010, Cascais, (Portugal).
"Burnt", Together Gallery, Portland, (Etats-Unis).

2009

ArtBasel, Miami, (Etats-Unis).
"BSV", West Berlin Gallery, Berlin, (Allemagne).
"Life Essentials", Art.Whino, Washington DC, (Etats-Unis).
"Exd09", Mercado da Ribeira, Lisbonne, (Portugal).
Artspace 2009, Cascais, (Portugal).
"Mayday", Art.Whino Gallery, Washington DC, (Etats-Unis).
"Are You Having a Crisis", P28, Lisbonne, (Portugal).
"Encounters", Yron Artspace, Lisbonne, (Portugal).

2008

"Inked Souls", Art.Whino Gallery, Washington DC, (Etats-Unis).
"Eurocultured", Manchester, (Angleterre).
"LaGa", Musée d’Art Moderne, (Luxembourg).

2007

"LaGa", exposition personnelle, Kruvkurva, Lisbonne, (Portugal).
"(Re)Start", exposition personnelle, Restart Artspace, Lisbonne, (Portugal).
Red Bull Street Gallery, Lisbonne, (Portugal).
"Wasted Youth", Fused, Birmingham, (Angleterre).
"Freackypeople", Saint Petersbourg, (Russie).

2006

"MusaTour", Fábrica Features, Lisbonne, (Portugal).
"MusaTour", BBS Gallery, Tokyo, (Japon).
"MusaTour", Mercado Del Borne, Barcelone, (Espagne).

Démarche

"À la manière du corps, la ville possède des points et des méridiens. Lorsque tu utilises une aiguille d’acupuncture sur le corps humain, cet étrange dispositif provoque une petite inflammation, entraînant une concentration de globules blancs, qui convergent vers un point spécifique afin de le soigner. C’est une action similaire, qui se déroule au cœur de la ville, lorsque tu investis des lieux à l’abandon ou des espaces nécessitant des soins et une attention particulière, à travers une démarche que je nomme "l’acupuncture urbaine"." Paulo Arraiano

Paulo Arraiano, intervention in situ "White As The Reference From The Escape Of Green" Park Of Palace Of Pena 2016, Clay, hydraulic lime, aerial lime

"Arraiano [adj. Celui qui vit à la frontière, à la limite. Celui qui naît de la limite]. L’univers visuel de Paulo Arraiano s’inscrit dans une dualité qui fusionne naturel et artificiel, nature et urbanité, naissance et création. À la croisée de ces deux contradictions apparemment opposées, il parvient à construire un tout nouvel équilibre émergeant de l’énergie primitive qui découle de l’une et l’autre, pour constituer l’essence de sa dialectique visuelle. Une recherche sociétale avant même de considérer la notion "d’homme". Un territoire, un corps, une force émanant d’un flux d’énergie. Son approche artistique se fonde sur la conception d’un territoire immatériel et de ses connections avec l’espace physique : ces œuvres se lisent à la manière de cartographies émotionnelles dans lesquelles le corps agit comme une extension de la nature, par le biais du medium, exprimant le mouvement et la fluidité de la connexion à la source, dans une volonté d’apporter à la ville, l’énergie qu’elle a tendance à délaisser. Dans ses œuvres, le détachement du travail plastique original fait ressortir une errance émotionnelle, dans une articulation inédite entre le corps et l’espace, une convergence entre ces cartographies urbaines et les méridiens du corps humain, en proposant les prémisses d’un travail qu’il traduit comme une "acupuncture urbaine". Par-là, il s’inscrit dans une quête des points de tension, blocages émotionnels et flux énergétiques susceptibles d’être intégrés à l’espace géographique. (Texte de présentation, extrait du site internet de l'artiste).

Paulo Arraiano "Sediment 1 / 2", vue d'atelier

  • Acquérir: 480 €

    Paulo Arraiano - Sérigraphie 7 couleurs avec encadrement sur mesure, 89.5X68cm, 2014
    Disponible
    480 €
  • Acquérir: 355 €

    Paulo Arraiano - Sérigraphie avec encadrement sur mesure, 68X51cm, 2014
    Vendue
    Acquérir
    355 €
  • Acquérir: 120 €

    Paulo Arraiano - Sérigraphie 7 couleurs sans encadrement, 50X35cm, 2014
    Disponible
    120 €
  • Acquérir: 515 €

    Paulo Arraiano - Sérigraphie avec encadrement su mesure, 103X76cm, 2015
    Disponible
    515 €
  • Acquérir: 515 €

    Paulo Arraiano - Sérigraphie avec encadrement sur mesure, 103X76cm, 2015
    Disponible
    515 €


Contact

Nous vous accompagnons dans votre démarche d'acquisition :

Appel Par téléphone au 06 01 07 29 42
Mail Par mail en cliquant ici
Formulaire En remplissant le formulaire de contact
-
Urbanity est actuellement exclusivement en ligne. Son siège se trouve néanmoins à Lyon. Vous souhaitez voir l'une des œuvres de notre collection, contactez-nous pour planifier une présentation à domicile.