Urbanity insight

Fanette Guilloud - Né en 1991, vit et travaille à Berlin (Allemagne).
Type d'interventions : installations plastiques in situ, anamorphose, photographies
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Fanette Guilloud - Portrait

Terrain de jeu illusoire

"Abstraction et faux-semblant en un flottement, la confrontation initiale aux œuvres de Fanette Guilloud, fait naître un instant d’hésitation face à l’inconnu, un désordre instinctif de l’interprétation visuelle première, mobilisant nécessairement le sensoriel. Dans un paradoxe insensé, l’illusoire se matérialise en formes tridimensionnelles décontextualisées, amenant un second niveau de contrastes. L’implantation radicalise la sensation d’étrange d’une composition à l’improbable alchimie. L’environnement de création participe d’un aboutissement esthétique de l’exercice périlleux auquel l’artiste se confronte : l’anamorphose. Avec constance et rectitude mathématique, elle emploie ce procédé pictural dont les premières représentations s’expérimentent dès la Renaissance, sans le parodier en une ultime finalité. Le processus créatif est déterminant, ne laissant la moindre place à l’inexactitude. La photographie vient cristalliser l’unique angle de vue envisageable, celui qui révélera exhaustivement la conclusion infaillible du sujet exploité.

La spontanéité de l’artiste est d’emblée écartée. Ici, il est question de parfaire une corrélation esthétique et technique qui se déploie entre installation et témoignage de la réalisation formelle. La fixation de l’instant et du point de vue devient l’enjeu à apprivoiser. Les retouches ultérieures et autres artifices faussant la qualité de l’exercice ne saurait être un recours concevable, et fonde l’éthique de l’artiste. Notamment inspirée des recherches de Roger Penrose ou Oscar Reutersvärd pour ses séries “Géométrie de l’impossible” (2013) ou “Impossible typographie” (2015), Fanette Guilloud s’approprie des perspectives irréelles pour réaliser des installations qui échappent à toute logique physique et entraînent l’évasion vers un monde offrant de nouvelles interactions spatiales.

Avec lucidité, l’artiste engage une réflexion sur l’évolution de sa démarche créative, sans se restreindre aux techniques déployées jusque-là. Un cheminement artistique qui s’inscrit de manière cohérente dans une quête d’expérimentations et de scénographies à immortaliser. Une immersion au cœur d’une esthétique minimaliste entrant en résonance avec l’irréel, pour concourir à l’émergence d’une poésie illusoire."

© Urbanity - Urban fine art gallery

Fanette Guilloud - Œuvre in situ en anamorphose, Generator hotel, Berlin (Allemagne)

Fanette Guilloud "Impossible typography O", photographie originale

Fanette Guilloud "Géométrie de l'impossible 4", photographie originale


Discussion

#Inspiration | Urbanity / Depuis quand réalises-tu des anamorphoses, qu’est-ce qui a motivé ton goût pour ce type d’intervention sur l’espace, y a-t-il eu un élément déclencheur ? Une rencontre, un ouvrage, un artiste ?

Fanette Guilloud / "J’ai commencé à m’intéresser à ce type de création il y a quelques années, lorsque je faisais partie d’un collectif où l’on travaillait l’installation de différentes façons notamment avec le papier et la peinture. Quand je suis ensuite entrée en école de photographie, j’ai découvert que l’anamorphose était la parfaite façon d’associer mon attrait pour l’installation et les illusions d’optiques avec la photographie, et ma première série "Géométrie de l’Impossible" est née."

Fanette Guilloud "Géométrie de l'impossible 5", photographie originale

Comment ton travail se différencie de celui d’autres artistes qui créent des anamorphoses ? Bien qu’inspirée d’artistes notoires, nous considérons que tu as une identité artistique propre, pourrais-tu la définir ?

"Je pense que c’est tout simplement car pour moi l’anamorphose n’est pas l’expression définitive de ma pensée mais plus le prisme qui me permet de disserter sur les sujets qui me parlent et auxquels je pense en ce moment. Ces réflexions m’accompagnent et s’expriment aujourd’hui par l’anamorphose, demain par un autre type d’installation. Il me semble que c’est ce qui me donne une plus grande latitude de création et donc une identité propre."

#PROCESSUS | Pourrais-tu nous décrire les grandes étapes de la réalisation d’une anamorphose ? Quelles sont les différentes manières de procéder ? En général, tu commences par repérer un lieu pour créer une anamorphose dans un contexte précis ou à l’inverse, est-ce que tu réalises des croquis pour lesquels tu vas ensuite rechercher le lieu idéal ?

"Habituellement je commence par passer du temps sur des recherches afin d’établir les bases du projet. Une fois ces bases posées, j’associe un travail de repérages (pour les lieux abandonnés, par exemple) à la finalisation graphique de l’idée que je veux réaliser : croquis, schéma, listes… C’est parfois la découverte d’un lieu que je veux investir et auquel j’adapte l’œuvre, ou bien une œuvre que j’ai en tête pour laquelle je cherche l’espace idéal. J’aime beaucoup recevoir des avis sur un travail en cours, donc en général, une fois cette étape franchie, je confronte mes idées au collectif, à des amis, etc. Et en ce qui concerne le matériel, l’appareil photo est au cœur du procédé car il détermine à la fois le point d’existence de l’œuvre, mais aussi celui de l’œuvre finale par l’image qui va en découler."

Fanette Guilloud, gif animé, réalisation d'une anamorphose

#espace | Contrairement aux artistes qui occupent des espaces immenses pour réaliser des anamorphoses tels que des parkings, des usines ou autres, tu décides d’intervenir dans des lieux plus intimistes, est-ce par contrainte ou est-ce délibéré ?

"On pourrait en débattre, mais je n’ai pas l’impression que le gigantisme apporterait beaucoup de force à mes installations. Elles sont à échelle humaine, pour qu’on puisse les observer, en discuter. Dans tous les cas elles parlent de notre condition, je ne ressens pas le besoin de me tourner vers l’immense car j’aime aménager et travailler sur des espaces à échelle humaine, dans mon travail artistique comme dans celui de direction créative."

Tu es passée d’interventions dans des lieux abandonnés dans ta série “Géométrie de l’Impossible” de 2013 à des lieux beaucoup plus récents dans ta série “Regenerate” de 2014. peux-tu nous expliquer cette évolution de ton travail ? A-t-elle un rapport avec le fait que tu ais quittée Paris pour Berlin début 2014 ?

"Cette évolution dans mon travail accompagne forcément mon évolution sur le plan personnel et notamment mon choix de partir vivre à Berlin. Je suis toujours très attirée par l’atmosphère, l’âme des lieux abandonnés - surtout au vu de leur nombre en Allemagne - mais j’avais besoin d’explorer de nouveaux lieux, habités cette fois-ci, pour écrire leur histoire pendant leur "vivant". C’est une facette différente de l’installation mais tout aussi intéressante à explorer."

Fanette Guilloud "Géométrie de l'impossible 7", photographie originale

Tu réalises des installations sur commande, interviens-tu seulement à Berlin, ton lieu de résidence, ou serais-tu prête à te déplacer pour réaliser des commandes chez des particuliers ou à l’occasion d’évènements ?

"Je me déplace déjà souvent entre la France et l’Allemagne pour différentes commandes ou événements, et j’ai l’habitude d’explorer des régions pour trouver les lieux qui se prêteraient le mieux à mes réalisations, le voyage et l’exploration font partie de mon processus de création."

Pour un artiste qui réalise des installations, comment définir la frontière entre une oeuvre, un élément architectural, voire décoratif ?

"Je sais que tout le monde ne partage pas mon avis, mais il me semble naturel de mettre au même niveau les installations de commandes, de séries, d’événements, dans des lieux abandonnés, habités ou qu’on m’a laissé investir. Cela reste à chaque fois ma vision de l’espace et l'interprétation qui en découle. Le résultat final a donc la même valeur partout."

Fanette Guilloud, anamorphose, commande chez un particulier, Berlin (Allemagne)

#PHOTOGRAPHIE | La photographie a un rôle primordial dans ton travail puisqu’elle est le témoin unique de tes Œuvres éphémères. En tant que photographe, à quoi dois-tu t’attacher pour rendre perceptible la qualité d’une anamorphose ?

"J’ai du mal à me présenter comme "photographe" car j’ai toujours un pied dans plusieurs cases. La photographie est l’aboutissement de mon travail, c’en est sa représentation. Pour autant, il me semble être quelque part entre l’aventurier qui découvre un espace, l’architecte qui remodèle et le photographe qui interprète le résultat final. Bien sûr la photographie a une part importante dans le processus et je pense à l’image finale dès le moment où je choisis un nouveau lieu, en étudiant l’ambiance, la lumière et la façon dont l’espace fonctionne."

Contrairement aux photographes de l’instant qui misent sur la spontanéité du cliché, ta démarche consiste à témoigner d’une réalisation plastique. Peux-tu évoquer ses deux approches qui se distinguent en termes d’intention et de mise en œuvre ?

"Mon travail est effectivement assez éloigné d’une photographie de l’instant, et même d’une photographie sociale de façon plus générale. C’est la façon dont je travaille, je ne pense pas savoir le faire bien autrement. Comme n’importe quel photographe, je construis mon image mais je construis surtout ce que je vais photographier. Je m’exprime en modifiant, en ajoutant mon interprétation des choses. Et c’est cette interprétation, comme une dissertation; que je rends."

Fanette Guilloud "impossible typography Z", photographie originale

Peux-tu nous parler du collectif de photographes “PRISME NOIR” dont tu fais partie ? Comment s’est amorcée la rencontre, vos aspirations communes, vos projets de collaborations s’il y a lieu ?

"Prisme Noir a été conçu comme un point d’ancrage où chacun des membres peut se retrouver. Nous avons créé ce collectif dès la fin de nos études et notre but est de se soutenir tout en explorant chacun nos photographies respectives pour avancer ensemble dans un univers relativement clos. Nous avons pour projet une exposition commune en février 2015 à Paris afin de présenter nos nouveaux travaux."

Pourrais-tu nous parler de tes axes de réflexion pour les séries photographiques à venir ?

"Je réfléchis sur d’autres façons où je pourrais utiliser l’installation comme porteur pour les propos que j’aborde déjà. J’ai l’impression d’avoir été mise dans la case "anamorphose" car j’ai beaucoup été sollicitée pour ce procédé particulier, mais je commence à m’en écarter pour me rapprocher d’une vision de l’espace de passage, de vie ou d’expérimentation dans sa globalité; c’est ce que je souhaite explorer et apprendre durant cette année."

Fanette Guilloud "Géométrie de l'impossible 3", photographie originale

à 21 ans, tu as reçu une mention spéciale du jury de 3ème année à l’ETPA de Toulouse pour ta série “Géométrie de l’Impossible”. Suite à cela, ton travail a rapidement été relayé sur internet et par les médias numériques, qui favorisent toutes sortes de commentaires et avis de la part du public. Quel regard as-tu sur cette liberté de ton? Comment gérer des réactions qui sont parfois à charge ?

"Je n’ai pas spécialement de critique à formuler sur la liberté de ton que dispense ces nouveaux médias et je pose un regard assez serein sur les réactions que mon travail a engendré, bonnes ou mauvaises, car pour moi la série “Géométrie de l’Impossible” est un travail réfléchi et abouti qui marque le premier chapitre de mon travail artistique, ni plus ni moins."

Comment envisager la notion de carrière après avoir rencontré une médiatisation si rapide sur internet ?

"C’est assez compliqué de réfléchir à une notion de carrière et tout ce que cela implique si rapidement après la médiatisation d’un premier projet. "Géométrie de l’impossible" marque un certain chapitre, à moi de travailler sur la suite."

Fanette Guilloud "Géométrie de l'impossible 6", photographie originale


Expositions & projets


2015

"Collectif Prisme noir", exposition collective, Carrières-sur-Seine, (France).
"Regarder habiter", exposition collective, La cave à bananes, Paris, (France).
".départ", exposition collective, Galerie 59, Paris, (France).
Commande : installation dans les bureaux de l’agence Biborg, Paris, (France).

2014

Création de trois nouvelles œuvres pour la série "Regenerate 14", trois jours de relais d’œuvres d’artistes internationaux au “Generator Hostel Berlin”, commissariat par "The Lab Magazine" et "Generator Hostels", Berlin, (Allemagne).
Exposition à Demory Paris, (France).
Création de Prisme Noir, collectif d’artistes français.






Démarche

"La photographie est l’aboutissement de mon travail, c’en est sa représentation; pour autant il me semble être quelque part entre l’aventurier qui découvre un espace, l’architecte qui remodèle et le photographe qui interprète le résultat final." Fanette Guilloud

Fanette Guilloud "Géométrie de l'impossible 8", photographie originale issue d'un travail plastique in situ en anamorphose

"Fanette Guilloud est une jeune photographe de 23 ans, née en France, diplômée en 2013 de l’école de photographie de Toulouse. "Je travaille principalement en associant la photographie à un travail d’installation dans le cadre de problématiques particulières et toujours différentes, lors de recherches personnelles publiées ici en tant que "séries", ou lors de commandes. On connaît mon utilisation de l’anamorphose, inspirée par les travaux de Georges Rousse, mon travail ne s’y limite pourtant pas, représentation de cette perpétuelle remise en question qui m’habite. Plus que l’anamorphose en tant qu’art, c’est l’interaction avec l’espace qui m’intéresse, le dialogue entre créativité, fonctionnalité et rendu; cette réflexion sur la place de l’humain dans cet espace, l’interprétation qu’il en fait et les choix qui en découlent."" (Texte de présentation, extrait du site internet de l'artiste).

Fanette Guilloud "Impossible typography Z", photographie originale issue d'un travail plastique in situ en anamorphose

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